vendredi 1 novembre 2013

vrac


 Pop linguistique

Comme de nombreux français, il m'arrive régulièrement de ne pas comprendre un mot que je connais pourtant en anglais, pour la simple et bonne raison que les français le prononcent mal. Ceux qui ont demande un "levis" au lieu d'un "livaillsse" savent de quoi je parle....
L'autre jour, mes copains américains parlaient d'une star dont je ne comprenait pas le nom, devinez qui est "Meurailla Cairrie"? (réponse approximative en cliquant dessus)

Mais que fait la police?

ça fait plusieurs matins qu'en rentrant d'emmener les filles a la crèche, je me retrouve coincée, victime d'un feu rouge machiavélique. Pour accéder a mon quartier sur ma gauche, je dois attendre la flèche verte qui me permettra de tourner. Sauf que le feu ne passe jamais au vert... Ceux d'en face passent, puis ceux des cotes, puis ça recommence! La première fois, j'ai attendu au moins cinq minutes ( si, si, c'est long...). Je me suis rappelé une blague de Surprise Sur Prise, ou ils avaient placé un feu rouge sur une ligne droite et cinq cents mètres plus loin, une bagnole de flics. La deuxième fois, la voiture devant moi a tourné quand même tout en faisant gaffe que personne ne venait en face, j'ai fait pareil... et la troisième fois, je me suis promie-jurée que j’arrêterai de prendre cette route le matin entre 8 et 9. Parce que ça ne m'est jamais arrivée en dehors de ces horaires...
Bizarre, non?


 Quand on n'est plus habitué...


Ca fait trois ans maintenant que je le sais: on evite de faire de l'humour avec l'autochtone, surtout si on ne le connait pas... Et meme avec les maitresses, il faut que je me retienne...
Et puis la, sans que j'y sois préparé, une libraire m'a fait une blague! (bon, ok, c'est une libraire, ça implique une culture et tout et tout...)
N’empêche que j'ai eu du mal a comprendre au début tant ils ont tendance a tout prendre au premier degré ici...
Elle me demande mon numéro de téléphone pour m'inscrire dans leur base de données, puis ajoute qu’après ils refilent nos numéros a des "creepy people", qui vont nous appeler toutes les nuits. C’était fait avec malice et intelligence et j'ai eu envie de lui dire merci parce que quand on n'y est plus habitué, ça finit par manquer...





mardi 22 octobre 2013

Mes lectures du CDI et autres souvenirs...

Cet été, j'ai passé deux mois chez mes parents. Au sous-sol, il y avait des dizaines de cartons pleins de vieux bouquins dont la bibliothèque municipale ne voulait plus. On appelle ça le désherbage, ai-je appris a cette occasion (et vous aussi sans doute du coup).
Je dois vous donner quelques précisions: Dans cette commune de 2000 habitants, la bibliothèque a ouvert ses portes en 1996. Ma maman en était, et, du haut de mes 14 ans et de mes ambitions littéraires, moi aussi, j'en fus. Avec d'autres bénévoles, nous faisions les permanences le dimanche matin.
Je me souviens que j'avais réussi a faire lire "Jane Eyre" (Dois-je vous rappeler que j'avais 14 ans?) a une mamie fan de Juliette Benzoni.
Plus tard, je me souviens de la découverte de "Saga" de Tonino Benaquista. Un trentenaire a lunettes l'avait rendu pendant une de mes permanences. Privilège de la fonction, je me l’étais mis de cote parce que la quatrième de couverture m'avait emballe. Suite a cette lecture, j'empruntais systématiquement les mêmes livres que ce mec et je fantasmais sur les discussions littéraires que nous n'aurions jamais.
Je me souviens d'un bouquin fantastique intitule "H2O" que j'avais kiffé ma race. Ça raconte l'histoire d'ados qui suite a une expérience se transformaient en dauphins et développaient des pouvoirs, type télépathie. (Dans mes souvenirs, en tous cas)*

Dans les cartons, dans le sous-sol, j'ai trouve des petites pépites de ma jeunesse:
- les enquêtes de l'inspecteur Bayard (Astrapi)
- les Marion Duval (Astrapi aussi, j'etais tres tres fan)



et puis, et puis, je suis tombe sur ca:

 ( deja, "le bahut", ca fleure bon 1992, non? On va poser nos vaches sous le preau? ( pour les incultes qui n'ont pas vecu leur college dans le sud de la Loire-Atlantique: Sachez que nous donnions ce petits noms doux a nos cartables, et oui!)



ou celui-la



La collection "Tendre Banlieue"
Le classique du CDI
La BD au dessin trop réaliste et un brin moralisatrice
Les années 90
La drogue, le SIDA, le racket, le racisme, l’homosexualité....
L'adolescence de base, quoi...
Pas mieux qu'un épisode des "années collège"
Les mobs, l'acné et les premiers monacos
Non, et puis, ce titre "tendre banlieue", qu'est-ce que c'est niais....


Dans le même style (classique du CDI), il y avait Jo:



Mais, si, voyons, la fille bien sous tout rapport qui choppe le Sida a cause des toxicos... (Bon, a l’époque on se rendait pas trop compte du discours, je me rappelle qu'on le feuilletais plutôt en gloussant parce qu'on les voyait faire l'amour ( bon, ça va, j'étais au collège, j'ai dis....))

En écrivant tout ça, je me demande si ma haine des récits-témoignages ne remonte pas a cette époque. J'ai lu "Christiane F. " ou "l'herbe bleue", je ne sais même plus lequel, parce que mes copines m'assuraient que mais si c'est trop bien tu verras.... Je préférai mes Barjavel!


PS: Cet été, dans mon sous-sol a cote des cartons il y a aussi eu pour une semaine mes copains d’écriture. Ils ne connaissaient pas "Tendre Banlieue" les fous! Je me suis empressée de corriger ça! Mais enlevez moi d'un doute.... Vous les connaissiez vous aussi?






* Si quelqu'un a une quelconque idée de l'auteur ou d’où trouver ce bouquin, faites moi signe!


EDIT du 24 septembre:
Merci Manu qui a retrouvé le livre en question.
Il s'agit d' "H3O", et non de "H2O". L'auteur en est Jean Guilloré.
La preuve qu'il existe bien ce roman et que mes souvenirs de l'intrigue n’étaient pas trop galvaudés par les années, la.

Final Freeze

Tous les matchs de ComedySportz se terminent par un "Final Freeze". C'est une sorte de round final, un jeu ou tous les joueurs des deux équipes participent base sur les "puns".
Le pun, c'est un jeu de mot. En gros, le public donne une suggestion, un thème, et les acteurs conçoivent des blagues (souvent assez mauvaises, type calembour) a partir de ça.
Chaque final freeze a une forme bien particulière, un cadre bien établi. Il n'y a qu'une sorte de final freeze par match, mais celle-ci peut varier d'un soir a l'autre...
Apres que l'arbitre ait demande au public une suggestion, les joueurs se presentent sur le devant de la scène (dans la box) pour faire leur blague. Si le public rit ou tout simplement emet un son, l'arbitre sonnera une clochette et comptabilisera un point pour l'equipe concernee. Si le public ne dit rien, pas de clochette, ni de point.

A noter que pour ce jeu, la règle du "groaner foul" n'a plus cours. En gros, cela signifie qu'on a le droit de faire des jeux de mots bien pourris. Par contre la règle du "brown bag" a toujours lieue, donc on retient les vannes de cul, politique ou religion, et on garde nos mauvais calembours écoutables par des enfants.


Quelques exemples de Final Freeze:

185:
185 [suggestion] went into a bar, and the bartender says "We don't serve [suggestion] here!" [suggestion] respond with "PUNCHLINE" 
185 [suggestion] entrent dans un bar, le serveur dit: "on ne sert pas les [suggestion] ici", 185 [suggestion] répondent: [jeu de mots]

waiter:
-waiter, i have [suggestion] in my soup. - [blague]
-Serveur, il y a [suggestion] dans ma soupe.  - [punchline]

 Back in my days:
 Back in my days, we didn't have [suggestion], we got [pun]
De mon temps on avait pas de [suggestion], on avait [blague]

Letters from camp:
Dear mom and dad, thank you for sending me to [suggestion]camp, [blague]
Maman, Papa, merci de m'avoir inscrit au camp de [suggestion], [blague]

Si le plus souvent je n'intervient pas beaucoup a ce moment-ci du match, je profite des entrainements pour tester mes vannes.
Plusieurs constats:
Nous n'avons definitevement pas le meme humour que les americains.
Il y a pleins de references culturelles que je n'ai pas.
Il m'arrive souvent de baser un jeu de mots sur la prononciation que je crois la bonne alors que , non. ( exemple: j'ai essaye de faire un jeu de mots entre tale (conte de fee) et tail (queue du chien), personne n'a compris, il faut croire que malgre les apparences ca ne doit pas se prononcer pareil.)*
Souvent, je base ma blague sur la forme, plutot que sur le sens. ( recemment: Dear Mom and Dad, Thank you for sending me to Ocean camp, I had a bloupbloupbloupbloup.....)

* ça m'arrive aussi beaucoup avec les rimes, je propose des mots qui pour moi se finissent pareil alors que non... C'est un peu frustrant. Je m'en fous je me suis dégoté un dico des rimes a 1 dollar a Target!





jeudi 17 octobre 2013

Temps de cerveau disponible (2) lectures

La tyrannie de l'arc en ciel, Jasper Fforde.




J'avais adoré la série de Thursday Next du même auteur, donc c'est sans trop me poser de question que j'avais emprunté ce livre (titre original: shades of grey*) a la bibliothèque de mon quartier il y a deux ans...
J'ai vite dechanté après une vingtaine de page j'avais l'impression d'avoir lu l'annuaire tant je n'arrivai pas a dégager du sens...

Puis, j'ai acheté la traduction française en me disant “c'est trop bête, je suis sure que ça va me plaire”. Et effectivement, en le lisant en français, j'ai compris. Déjà, Jasper y va direct “in media res” sans introduction, sans lubrifiant, il nous plonge dans un monde totalement imaginaire avec des concepts aussi inédits que le dernier lapin, un arbre carnivore ou l'ascension chromatique...
Ce qui était incompréhensible pour moi en anglais, ne m'a pas empêché de poursuivre ma lecture en français... et tant mieux, car j'ai vraiment bien aimé cet univers. De la pure dystopie comme j'aime. De l'action, des références culturelles planquées partout...
Bref si j'avais le courage de mes rêveries, c'est le genre de bouquins que j'aimerai écrire.

J'attends la suite avec impatience.

*
 Il est sorti en 2009, donc avant “fifty shades of Grey”, j’espère que pleins de ménagères américaines se sont plantées et ont acheté le Fforde a la place!
Bon je n'ai pas encore lu le best seller mais Joss qui a lu le debut m'a donne son verdict tout personnel :
“il y a plus de tensions sexuelle dans Cherub (romans d'espionnages pour ados)" ou "La, elle mouillle sa culotte a la caisse de Castorama parce qu'il a acheté de la corde et du scotch...”

Light, Michael Grant.

 

Et voila le dernier volet de la série Gone. J'avais commence le premier en français puis j'ai rattrape la suite ici en anglais en les achetant au fur et a mesure de leurs sorties. (c'est dur d'attendre)... et maintenant c'est fini...
ça fait 6 bouquins, un paquet de personnages assez attachants et très crédibles (dont un bon pourcentage de morts plus ou moins atroces), de la SF tordue, des super-pouvoirs et du rebondissement a la pelle.
Il ne faut surtout pas se laisser rebuter par les couvertures dégueulasses (Y a quelque chose du roman photo de OK Podium): ça vaut le coup!



En ce moment, je suis en train d'essayer de lire

Claustria, de Regis Jauffret

Je dis "essayer" parce que Waouh, c'est chaud!
et que 1) j'y arrive pas quand les enfants sont dans la même pièce que moi, c'est trop glauque... *
et 2) j'y arrive pas non plus toute seule dans mon lit : ça fait trop peur.... 
Et puis, je suis sans cesse dérangée par le dégout que j’éprouve face a l'histoire et aussi face a mon propre voyeurisme.
Pour mieux comprendre, il faut que je vous dise que l'auteur (avec talent et une très belle écriture) imagine la vie des enfants du fait divers autrichien, Si, vous savez, le père qu'a séquestrée sa fille et lui a fait une palanquée de gamins qui n'ont jamais vu le soleil... vous remettez? Vous comprenez mieux mon malaise?
* Oui, et puis aussi lire avec les enfants, c'est aussi s'exposer a s’arrêter toutes les trois lignes (Je recommande les textes aérés avec du dialogue, plus facile de s'y retrouver, c'est toujours relou de relire la même phrase cinq fois d’affilé) pour au hasard récupérer de la pâte a modeler dans la bouche de la plus jeune, décapuchonner un crayon, chanter une chanson, dire "doucement les filles" sans lever les yeux de sa page, faire un câlin ou moucher un nez....**

** Ou alors je joue sur mon portable, je sais ca fait encore plus mere indigne. Et en plus je l'avoue, je joue a Candy Crush...***

*** D'ailleurs Candy Crush= grosse arnaque. Ça faisait des mois que je jouais anonymement (comprendre sans me connecter a Facebook, parce que ça pourrit bien nos news feed quand même), telle une petite fourmi laborieuse j'alignais mes bonbons en arrêtant quand je n'avais plus de vie et en attendant meme 24h sans broncher aux changements de niveaux. Et la semaine dernière, au niveau 92, j'en ai eu un peu marre alors je me suis connectée, et alors, la: L'hallu...Vas-y que je te refile de la life gratos, allez je te prête un petit extra-move et tout et tout.... Alors comme ça, oui, c'est sur' trop fastoch'... Bande de tricheurs!


samedi 26 janvier 2013

My so-called life

Un exercice super a faire en public!

La mise en place et le décorum:

L'arbitre choisit quelqu'un du public.
(Ici, c'est souvent quelqu'un dont c'est l'anniversaire. Il y a un tarif spécial et des animations particulières si on précise que c'est son anniversaire au guichet. Par exemple, il y a cette chanson d'anniversaire qu'entonnent les joueurs: "Thissss iiiissss your birthday song, it isn't very long!" )

Donc l'arbitre a choisi un "volontaire" et lui fait raconter un peu sa vie, ce qu'il fait comme métier, s'il vit seul, peut-être une anecdote... Il interview ensuite les personnes qui ont accompagne le "volontaire".
Les joueurs doivent bien observes cette personnes, mais aussi ses amis ou famille présents dans la salle, car vous l'avez devine.... ils vont devoir jouer la vie de cette personne.

Le "volontaire" s’assoit sur un tabouret en hauteur (type tabouret de bar) et de chaque cote de lui, un joueur "buzz", assis un peu plus bas.
Concrètement, le spectateur a a sa gauche un buzzer négatif (qui fait "tnnuut" ou un truc du genre) et a sa droite un buzzer positif (qui fait "ting ting ting" ou quelque chose du style). On lui fait essayer ses buzzers humains: quand il tape sur l’épaule du joueur de gauche: tnuut, quand il tape sur celle de droite: ting ting ting!
L'arbitre explique alors comment va se dérouler la scène: l'invite va voir les joueurs raconter sa vie. Il doit buzzer l'un ou l'autre suivant que les propositions des joueurs sont vraies ou fausses.



La scène:


Les joueurs vont donc raconter la vie de notre invite. Il ne faut pas avoir peur de faire des "big assumptions" ( des suppositions franches). Par exemple, si l'invite porte un tee-shirt d'un groupe de rock, pensez a le dépeindre en fan de musique. Si il vous dit qu'il est ingénieur informaticien, allez y dans les cliches geeks.
De toutes facons vous serez guides par ses "buzzs". N’hésitez pas a modifier des détails si le volontaire vous buzz "faux".
Les joueurs qui font les buzzs ne doivent pas hésiter a solliciter le volontaire en lui demandant, "cela est-il vrai? Ça s'est vraiment passe comme ça?"

samedi 12 janvier 2013

Improvisation

dans cette categorie, j'aimerai partager avec mes amis improvisateurs en France ce que j'apprends via mon experience avec ComedySportz ici.



voici un article que j'ai ecrit pour le journal de Houston accueil, l'association des francophones.



Souvent quand un des membres du couple travaille à l’étranger, l'autre a plus de difficulté. Il y a les soucis de visas, de langues, de diplômes... Il y a même des métiers si étroitement liés à la culture française qu'on se demande si ils ont des équivalents a l’étranger.

C'est pourquoi quand mon mari m'a proposé d'aller vivre a Houston, après avoir dit “oui”, je suis allé sur internet pour voir si les texans connaissaient quelque chose au théâtre d'improvisation.
C'est comme ça que j'ai découvert le “ComedySportz”.

L'improvisation, qu'est-ce que c'est?

L'improvisation théâtrale, telle que nous la pratiquons de nos jours est née d'une interrogation:
“pourquoi les théâtre sont vides alors que les stades de sports sont pleins a craquer?”.
Une question que se sont posées Keith Jonsthon aux USA et Robert Gravel au Québec dans les années 70. Sans se consulter, les deux hommes ont eu la même idée : rendre le théâtre accessible à tous en le mélangeant avec les codes du sport.
Cela a donné la forme du match d'improvisation pour les pays francophones et la création du Theater Sport aux USA.


Deux équipes s'affrontent sous les coups de sifflet d'un arbitre, il y a des coachs, des hymnes, des points, des votes du public et même des fautes...
Les pratiques francophones et américaines sont différentes dans la forme, mais les principes du jeu reste les mêmes.
Il s'agit d'improviser des scènes à partir d'un thème de l'arbitre ou des suggestions du public.


Une frenchie sur les planches de Houston

Depuis un an, j'ai effectué trois stages avec le ComedySportz de Houston. Et depuis janvier j'ai intégré la toute nouvelle RecLeague (recreational league).

Évidemment tout ça se passe en anglais. Et c'est là, la grande nouveauté pour moi!
En France, j'avais une réputation de joueuse “bavarde”. Mon vocabulaire en anglais reste limité. Je me rattrape en étant 'visuelle”. J’essaye de faire rire par mon corps plutôt que par mon expression verbale ( je vous rassure, les américains rient bien de mon accent, je suis comique malgré moi)
Il y aura toujours des incompréhensions dues aux différences culturelles, mais je fais des progrès . J'ai même commencé à faire mes premiers “pun games” (jeux de mots).

Heureusement mes camarades de jeu sont adorables et redoublent d'effort pour m'expliquer certains termes. Ils ont aussi la courtoisie de ne pas relever mes fautes de grammaire sur scène. Nous sommes une quinzaine d'acteurs. Nous nous entraînons une à deux fois par semaine.

Vous pensez sans doute que puisque c'est improvisé ça ne sert a rien de répéter.... Détrompez-vous, l'improvisation est une véritable discipline qui demande de l’entraînement.
Elle développe chez les acteurs le sens de l’écoute, de la repartie. Elle se base sur l'imagination, la mémoire, la construction d'histoire.
Les comédiens du ComedySportz sont appelés des Actlhetes. Des acteurs-athlètes. Il y a aussi une dimension totale, car contrairement au théâtre classique, l'acteur est non seulement comédien, mais aussi scénariste et metteur en scène.


Un spectacle drôle, familial et accessible!

Mais ne vous méprenez pas avec mes mots compliqués! Le public est toujours ravi, car cette forme théâtrale est basée sur l'humour! De plus, les américains insiste sur le fait que leur spectacles soient “clean”', donc tout public.
C'est un spectacle où tout le monde participe. Oui, vous aussi! Le public est sans cesse sollicité. C'est vous qui donnez les thème des improvisations. Et c'est vous qui votez pour votre équipe préférée.




Informations:

ComedySportz
901 Town & Country Blvd.
Houston, Texas 77024
713.868.1444
www.comedysportzhouston.com


Regular ComedySportz Matches
Fridays at 8:00pm
Saturdays at 8:00pm and 10:30pm

ComedySportz4Kidz
First Saturday
of the month
4:00pm
AMPERSAND!
Fridays at 10:30pm

Rec League
last Sunday of the month at 7:00pm



vendredi 11 janvier 2013

La Carte et le Territoire, Houellebecq retrouvé?


En général, j’avais tendance à bien aimer Houellebecq, même s’il m’avait un peu déçu avec « La possibilité d’une île ». Mais dans ce cas particulier, je peux clamer haut et fort mon amour pour le monsieur.
« La carte et le territoire » va vite devenir mon roman préféré de l’auteur. Déjà, j’étais charmé par le titre; la cartographie étant une discipline qui me fascine depuis ma lecture des « cités obscures ». La métaphore est belle: Le territoire c’est la nature sauvage, c’est le paysage qu’on voit en survolant des champs et des villages anonymes. Alors que la carte, c’est la marque de l’homme sur ce territoire, une tentative de se l’approprier. Il y a un parallèle avec l’art. La carte c’est une vision subjective. Une manière de rendre compte du monde tel qu’il est, ou plutôt, tel qu’on le voit.
Bref, il va sans dire que ce sont les thèmes de l’art et de la géographie qui m’ont touché dans ce roman. On y parle d’une France dans un futur très proche. D’une France à la province idéalisée. Etant moi-même une campagnarde assumée, je comprends et je ressens déjà les prémices de ces changements autour de moi. La France dépeinte par Houellebecq fait la part belle aux choses du terroir, à un certain retour à la terre. Et à une marchandisation effrénée du tourisme rural (n’oublions pas qu’il s’agit de Houellebecq: il est beaucoup question d’argent et d’économie). Le chef de file de ce mouvement néo-rural n’est autre que Jean-Pierre Pernault, le présentateur du treize heures de TF1. Dans la réalité ce n’est pas une personne que j’admire beaucoup. Mais j’avoue qu’en personnage de fiction, il s’avère plutôt drôle. ça me rappelle les bouquins ethnologiques de Pascal Dibie, « le village métamorphosé ». C’est ce qui est génial avec le fait de situer son histoire dans un futur contemporain, que ce soit hautement probable.
J’ai beaucoup aimé la relation entre Jed, le personnage principal, et son père. Où deux visions de l’art s’affrontent, puis finissent par se comprendre. Et puis cette espèce de solitude même quand ils sont ensemble (tous les noëls). On imagine sans peine les silences des réveillons.
Je n’ai jamais craché sur un peu de narratologie à l’occasion. Oui, je suis une adepte de Genette! Pour le coup, j’étais servi ici, étant donné qu’on rencontre assez vite un personnage nommé « Michel Houellebecq ». Ça paraît un peu artificiel parfois. Surtout quand l’auteur (par souci d’économie de répétition?) le désigne comme « l’auteur des Particules » ou « l’auteur de Plateforme ». Sinon, chapeau! Mettre en scène sa propre mort, rêver son enterrement, ça relève bien du fantasme d’écrivain.

Il y a aussi une enquête policière. Exercice assez nouveau pour Houellebecq. Il ne s’en sort pas si mal, même si elle commence un peu tard ( 3ème partie).
Enfin et comme c’est ce que je préfère dans l’univers de Houellebecq, il y a des vérités qui m’ont émues parce que comme d’habitude ça touche bien là où il faut. ( Je me souviens d’une scène dans « extension du domaine de la lutte » qui m’avait presque fait pleurer où le personnage célibataire va acheter un lit. Il n’a pas beaucoup d’argent, mais sous les allusions du vendeur et par convention sociale, il prend un lit double dont il n’aura pas l’usage.) J’ai particulièrement été touchée par cette phrase: « Le matin du vernissage, il se rendit compte qu’il n’avait pas prononcé une parole depuis presque un mois, à part le « non » qu’il répétait tous les jours à la caissière (rarement la même, il est vrai) qui lui demandait s’il avait la carte Club Casino. »